décembre 13, 2004

Cali, Colombie


Population entre 2 et 4.5 millions d'habitants, ça dépend à qui tu demandes, mais ce ne sont pas ces types de détails énormes qui comptent ici. Nous voilà dans une grande ville moderne avec plusieurs grands édifices, encore plus de banques et pleins à ras bord de bidonvilles. Nous nous promenons ici depuis deux jours, à pieds, car la roue arrière du tandem de Gwendal, si vous pouvez l'imaginer, a besoin d'une grosse réparation. Je le laisse vous expliquer les détails. Le comble, à Cali, c'est d'essayer de réparer un vélo alors qu'il y a au moins 25 bicicleterias dans l'espace de 5 patés de maisons et de ne pas y arriver.

Pour l'instant nous nous ré-habituons à nous trouver en compagnie d'autres étrangers dans ce pays merveilleux. Depuis que nous avons quitté Quito en Equateur nous n'avons rencontré qu'un seul autre touriste. Un Suisse, qui, lui aussi, est en train de se faufiler à bicyclette entre ces montagnes des Andes en direction de la Patagonie. Cela nous a donné une occasion rare en ce monde si globalisé de passer la plupart de nos moments sociaux avec les Colombiens. Je ne puis parler de la bonne volonté et la generosité du reste du continent, mais Gwendal et Tania se joignent à moi quand je proclame mes sentiments les plus amicaux à leur égard. Notre anxiété à la frontière s'est rapidement apaisée dès nos premières interactions avec qui que ce soit. La réputation générale de la Colombie a bien sûr ses raisons, mais comme dans pleins d'autres pays ce n'est pas du tout la majorite de la population qui en est responsable. En pédalant depuis Pasto, l'épicentre du "noeux"des cordillieres colombiennes, nous avons commencé à 2800m et fini à 1800m à Popayan. Je ne vous raconte pas les douzaines de collines longeant des précipices que nous avons grimpées dans l'humidité et la chaleur d'un ou deux degrés de latitude au nord de l'équateur! Tout ca pour dire que la vitesse à laquelle nous pédalions ne pouvait guère dépasser 5 km/h sur les côtes, moyenne bien sûr interrompue par de fréquentes pauses-repos. C'est grâce à ces arrêts que nous avons fait toutes ces rencontres avec nos amis colombiens. Nous avons entendu toutes sortes de questions auquelles nous avons essayé de répondre pour justifier l'expédition et augmenter leurs connaissances de notre monde. A tous les coups, par contre, les sourcils se levaient quands ils entendaient que nous rebroussions chemin jusqu'à notre Casa Canadiense!! ¿Estas loco?! Once meses hasta hora (onze mois jusqu'à maintenant)!! Ouff. Ocho meses màs (huit de plus)! L'humour arrive si bien à unir nos vies et nos activités si différentes. Certains sont captivés par le monstre vert (le tandem) que Gwendal et Tania arrivent à manoeuvrer dans ce qui reste de la rue constamment embouteillée. D'autres n'ont jamais vu un velo qui tire une remorque pareille. La plupart nous lancent des regards car c'est notre apparence humaine qui reste la différence la plus objective. Mes yeux bleus, notre peau claire, l'origine malaysienne/chinoise de Tania; nos casques multicolores et nos caleçons de velo en Lycra ne nous aident pas non plus. Quel que soit notre mode de transport, c'est l'effort de parler en espagnol avec les habitants qui nous rapproche le plus d'eux. Nous voilà en plein millieu d'une aventure qui ne se reproduira jamais de facon similaire car je ressens un changement imminent dans ce pays qui se trouve obligé de rattraper la machine de la mondialisation et plus strictement les économies capitalistes. Pour l'instant je m'amuse beaucoup et je me sens très chanceux d'avoir cette experience.

Posted by armel at 01:01 PM | Comments (4)

Colombie: Le Sud


Nous voici donc à Cali, une ville de deux millions d'habitants dans un pays de 44 millions. Ce qui fait de la Colombie le second pays plus populaire du continent après le Brésil; et aussi le plus grand exportateur de "tele-novelas" du continent avec de nombreux personnages bien "plastiques".

Ce fut donc avec un certain frémissement qu'on a décidé de traverser la frontière.
Sérieusement, tout ce qu'on entend dire de ce pays dans les nouvelles au Canada n'est pas très encourageant. Toutes les quelques années, il y a un Canadien qui a été pris en otage pendant quelques mois par les guerrias du FARC ou les milices AUC avant d'être relâchés. En France on entend beaucoup plus parler d'Ingrid Betancourt... elle aussi séquestrée.

Mais, malgré les conseils bienfaisants de nos amis qui pensent s'y connaitre en affaires latino-américaines, on a quand même décidé de traverser le pays à vélo tout en modifiant légèrement la traversée des endroits les moins sûrs.
Ce qui m'a aidé à prendre cette décision qui me titillait depuis que j'ai dévoilé le plan du voyage c'est la rencontre avec d'autres cyclistes qui venaient d'y passer du temps.

Aucun n'a pu me raconter une seule mauvaise rencontre (probablement ceux qui en ont eu ne continuent pas vers le sud après???). En fait, tous parlaient d'un pays magnifique... la nature et la culture.

Armel nous a rejoints... donc à trois on se sent encore un peu plus en sécurité... non?

Après avoir pris un bus jusqu'à San Juan de Pasto (2500m) pour éviter la frontière, on a vraiment pu commencer à découvrir le pays nous aussi. La route qui va de Pasto à Popayan est de 265km avec plusieurs collines qui ont des dénivelés de plus de mille mètres. On a grimpé jusqu'à 3000m avant de redescendre à 600m puis de remonter finalement à Popayan qui se trouve à 1700m. Le sud du pays est le point de départ des trois cordillères du pays, on l'appelle "el knudo", le noeud.
Toutes les vallées sont profondes et les montagnes qui les surplombent sont entièrement recouvertes d'un vert vif.

Au bout d'une semaine et demie dans le pays, on a une meilleure idée de la sécurité locale. Ce qu'on apprend c'est que presque tous ceux à qui on le demande approuvent la politique du président Alvaro Uribe. Ils viennent de voter une loi qui permet au president de se présenter pour un second mandat. Ce qui, auparavant, était illégal dans ce pays qui se trouve être la plus ancienne démocratie du continent.
C'est probablement à cause de son travail que l'on peut faire ce voyage relativement en sécurité. Mais je ne suis pas en situation de savoir si les moyens employés sont tous bons. En tous cas, on a bien remarqué la présence de la police nationale et des militaires. Entre Popayan et Calin il y a 136 km et j'ai compté 7 contrôles policiers ou militaires.

Posted by gwendal at 12:33 PM | Comments (0)

décembre 10, 2004

Equateur: quelque notes


Bon enfin un petit peu de temps pour ecrire!
Le petit pays de Equador nous a bien occupés. J'ai reçu la visite de mon ami Adrian et de son frère Greg pour 10 jours et aussi de mon frère Armel.
Donc, tout d'un coup les bonnes habitudes d'écrire et le rythme de voyage a beaucoup changé.
C'était génial d'avoir de la visite et de pouvoir partager le voyage avec des amis.
On a suivi la cote du pays jusqu'a Manta. Ce qui etait bizarre c'est que chaques petites variations topologiques se manifestais avec de climat super variable. Donc d'un cote d'une petite colline de 100m de haut c'etait humide et tropical et de l'autre c'etait tout sec sans aucune verdure. En une journee on pouvait traverser trois ou quatres de ce type de variation, ce qui nous a bien guarde de la monotonie.

Puisque je n'ai pas beaucoup de temps, je vais laisser parler les photos! Il y en a beaucoup.

Posted by gwendal at 12:43 PM | Comments (0)