juillet 28, 2004

Paraguay: Ciudad del Este

C'est presque la première fois au cours de ce voyage que les conseils d'extrême prudence qu'on m'a donnés se sont presque révélés insuffisants. On m'avait dit qu'il valait mieux ne pas faire à vélo la traversée du pont de l'Amistad au-dessus du rio Parana et que la Ciudad del Este était vraiment une ville folle et dangeureuse. Par conséquent, puisque j'avais une journée de libre en attendant mon ami Ryan qui passait une journée de plus aux Cataratas de Iguazu, je suis allé faire mon enquête sur le terrain sans mes bagages.

A 500m de la frontière du côté brésilien, j'ai déjà commencé à constater que ce n'était plus aussi tranquille qu'ailleurs. Plusieurs avenues se rejoignent pour passer sur le pont qui unit le Brésil au Paraguay. J'ai d'abord été stupéfait de voir un homme dont les deux jambes étaient coupées au niveau des genoux, installé sur le siège arrière d'une moto, s'arrêter de l'autre côté du pont et commencer à marcher sur ce qui lui restait de jambes. Pour la première fois de ce voyage je n'ai pas voulu m'arrêter tout de suite. J'ai plutôt continué jusqu'à une partie plus calme de la ville pour me reprendre et planifier ma deuxieme approche. J'ai ensuite trouvé un bon hôtel qui a accepté de garder mon vélo pendant que je me promenais en ville.

La Ciudad del Este est une zone libre d'impôt qui attire des gens de tous les coins de l'Amérique du sud pour acheter des choses moins cher. Ce sont les produits électroniques qui ont le plus de succès. Mais on y trouve vraiment de tout. Je n'ai pas trouvé les prix si extraordinaires, mais c'est difficile quand on te dit tout en dollars américains et que ça fait longtemps que je n'ai pas fait d'achat au Canada. Enfin, quand on compare aux prix qui ont cours au Brésil et en Argentine, on peut certainement faire de bonnes affaires.

La ville me fait vraiment penser à un souk comme celui de Marrakech ou aux marchés d'Istanbul. Par contre les immeubles sont "modernes". Dans chaque immeuble, il y a généralement plusieurs étages de petits magasins comme un caravansérail en Turquie. Dans la rue, on trouve des centaines d'étalages sur le trottoir qui vendent tous les petits bidules imaginables, toutes sortes de produits alimentaires; il faut ajouter les petits commerces ambulants qui vendent eux aussi de tout.
Comme dans les souks, j'ai remarqué que la majorité du tranport se fait à pied. Tout est déplacé sur le dos de quelqu'un ou avec un charriot. Tous ceux qui cherchent à acheter quelque chose, s'ils sont venus en voiture se garent et se promènent à pied aussi.

Ceci dit, j'ai beaucoup aimé mon petit bain de foule. J'ai retrouvé toutes sortes d'autres cultures. Dans un centre d'achats, j'ai découvert un commerçant qui vendait des narguilés et des produits du Liban. Ce qui me dit qu'il y a assez de commercants de cette partie du monde pour faire un bon commerce. Il y a aussi beaucoup de Chinois et je me suis régalé de bonne cuisine chinoise. Une chose qui me manquait bien depuis mon départ de Vancouver.

Demain avec Ryan et un autre cycliste brésilien que j'ai rencontré au Cataratas de Iguazu on va faire la traversée en convoi jusqu'à Ascuncion. Nous nous sentirons donc plus en sécurité dans ce nouveau pays un peu mystérieux.

Posted by gwendal at 05:33 PM | Comments (0)

juillet 22, 2004

Brésil: l'Express de la Sierra Verde et Curitiba

Je n´avais pas encore décrit mon approche de Curitiba. Mais après avoir appris les dernières nouvelles, j´en ai eu envie. Une fois que j´ai quitté l´ile de Miel j´ai pedalé 60 km pour arriver à Morretes, une petite ville de piémont. De l´autre côté des montagnes se trouve Curitiba, à 900m. Pour éviter de me défoncer sur cette super grande colline, et pour voir la forêt cotière de la Mata Atlantica, j´ai pris le train touristique qui s´appelle l'Express de la Sierra Verde. La ligne fut construite en 1885 par les premiers ingénieurs noirs du Brésil, les frères Antonio et André Rebouças. Il a fallu 9000 hommes, dont la moitié moururent, pour la construction de la voie qui dura 5 ans.


C´était un jour de grand soleil et j´ai beaucoup apprécié d´être si près de la nature sans avoir besoin de bouger. La voie ferrée s´intègre tellement bien au paysage que les branches des arbres frottent les wagons. Malheureusement j´ai appris hier qu´un des 12 ponts qui font partie de la voie. le pont São João, s´est écroulé mardi et que 32 wagons d´un train de marchandises sont tombés. Heureusement personne n'est mort, mais il y a maintenant beaucoup de soja dans les rivières.


Les fameux tubes des autobus de Curitiba.

Curitiba est une ville dont j´avais beaucoup entendu parler et j´etais donc très curieux de voir ce qui s´y passait. C´est une ville de 2 millions d´habitants et donc à peu près de la même taille que Vancouver. Par contre au lieu d´être au bord de la mer et au pied des montagnes, Curitiba se trouve au sommet des montagnes et n´est pas loin de la mer. Je me suis bien amusé a prendre le bus à double articulation pour voir s'il s'agissait vraiment d'un bon système. J´ai même compté combien de temps le bus s´arrêtait à chaque arrêt. J´ai calculé que c´est une moyenne de 28 secondes par arrêt. (Si quelqu'un peut calculer la durée moyenne des arrêts sur la ligne 99B sur Broadway, je serais très curieux de l'apprendre). Le bus est relativement confortable, mais quand on est au fond les petites bosses de la route se sentent quand même pas mal. Mais avec une voie prioritaire séparée du traffic, les mouvements sont plus réguliers et le bus avance vite. Après ma visite a São Paulo où les bus sont constamment coincés dans les embouteillages, je trouve que Curitiba possède un système de transport vraiment particulier. J´ai aussi remarqué que les citadins de Curitiba sont extrêmement bien ordonnés. Quand ils attendent le bus, ils se mettent en file indienne devant chaque porte.

Posted by gwendal at 04:10 PM | Comments (0)

juillet 12, 2004

Brésil: Ilha do Mel

Une de mes craintes au cours de cette expédition est que, du fait de mon éloignement pendant si longtemps, je risque devenir blasé. Que toute la beauté de la nature et les cultures fantastiques que j'aborde cesseront de m'étonner et d´exciter ma curiosité. Heureusement, jusqu'ici n'est pas le cas.

L´Ilha do Mel est un endroit plein d'enchantement qui fait appel à tous les sens. Le seul moyen d´accéder à « l'île de miel » se fait au moyen de petites barques de bois. Ce sont des bateaux de pêche convertis avec des gilets de sauvetage au lieu de filets de pêche comme cargaison. Je suis monté à bord au Pontal de Paraná et on a chargé mon vélo sur le toit du bateau. La température atteignait 25 degré Celcius (c´est l´hiver !!!). J´avais du mal à le croire mais j'étais le seul passager. Une fois arrivé au petit port de pêche de Nova Brazilia sur l'Ile, j'ai été aidé par Oca qui au début me semblait un petit peu trop désireux de m'aider. Mais, plus tard, je me suis rendu compte que c'était juste dans sa nature : il voulait bien se présenter et être amical. Brazilia de Nova est une petite ville très intéressante dont aucune des rues n'est pavée, et les sentiers de promenade sont plutôt sableux. Il n'y a pas de voiture sur l'île mais des vaches ou des chevaux. Tout doit être transporté dans des charrettes tirées par quelqu'un ou dans des petits canots de pêche qui sont les seuls véhicules motorisés sur l'île.

Je dois souligner que 81% de la surface de cette île de 27 kilomètres carrés sont occupés par une station écologique désignée et 12% constituent un parc national. Il ne reste donc que 7% du territoire pour les deux villes de Brasilia de Nova et de Esperansa. Brasilia de Nova (je campais dans la cour arrière de chez Oca) semble être très bien intégrée à ses conditions naturelles. La plupart des gens sont des pêcheurs qui tiennent aussi une petite « Posada » équivalent de nos chambres d'hôte ou s'occupent seulement de boutiques. Quand vous grimpez sur une colline et que vous regardez en direction de la ville, il est presque impossible de voir des bâtiments car ils sont tous cachés par la cîme des arbres. Tout comme le nom de l'île qui implique que la vie semble se mouvoir à un rhythme lent et doux comme le miel. Au moment où mes orteils se sont posés sur le sable, tous mes muscles ont semblé se détendre comme s'ils savaient que je ne ferais rien au cours des journées suivantes. Je n'ai pas porté de chaussures tout le temps que je me suis trouvé sur l'île. Je dois mentionner que le seul inconvénient est que le sable est très fin et qu'il a une aptitude stupéfiante à se glisser partout. Un soir, j'ai mangé des huîtres fraîches au barbecue avec mes hôtes Oca et Claudette. Cette île est un endroit parfait pour ceux qui aiment les fruits de mer.

Je crois que je vais m'arrêter sinon je vais commencer à ressembler à une brochure touristique. Cependant mon dernier souvenir de cet endroit est sa propreté. Il y a partout des petites poubelles vous rappelant de préserver la propreté de cet environnement unique. Au moment où j'ai visité l'île, le nombre des visiteurs était limité à 5.000 par jour. On parle même de réduire ce chiffre à 3000. Je suis venu ici en «hiver» et j'ai estimé que le nombre des visiteurs ne dépassait pas 20. Cette île donne vraiment l'impression d'un très bon exemple de tourisme écologiquement viable qui respecte l'économie et la culture locales.

Après avoir traversé certaines des méga stations balnéaires comme Baleneario Camboriú dont la croissance semble illimitée, je suis resté très impressionné par l'île de miel.

Posted by gwendal at 05:58 AM | Comments (0)

juillet 06, 2004

Brésil: les «Chapa»

Drôle de petite découverte. A l´entrée de chaque grande ville, j´ai remarqué qu´il y a toujours tout le long de l´autoroute des petites cabanes ouvertes avec un vieux canapé ou une vieille chaise. La plupart du temps, des hommes y sont assis à ne rien faire. Tous ont un panneau écrit à la main sur lequel on peut lire "Chapa". Comme j'en voyais beaucoup, j´ai vraiment commencé à me demander ce qu´ils faisaient là. J'ai d'abord pensé que, puisque le Brésil possède énormément d´églises évangéliques, le mot Chapa ressemblait beaucoup à chapelin et que ces hommes étaient là pour lire la Bible à ceux qui voulaient s´arrêter pour les écouter. Mais je n´avais pas du tout raison.
J´ai pu poser la question à mes hôtes à Joinville. Ils m'ont expliqué que les Chapa sont des gens qui offrent leurs services comme navigateurs dans la ville. Comme ça, si un conducteur de camion arrive et ne connait pas trop la ville, il peut demander le service d´un chapa qui le guidera vers l´endroit qu´il cherche. Les «Chapa» jouent donc un peu le rôle des pilotes sur la mer.

Posted by gwendal at 08:19 AM | Comments (0)

juillet 02, 2004

Brésil: L´unique musée de la bicyclette en Amérique du Sud

Quand je me trouvais à Criciuma, on m'a donné un guide du Brésil et j'ai eu beaucoup de chance parce qu'il m'a permis de savoir qu'il existe un musée de la bicyclette à Joinville.

Joinville est la plus grande ville de l'état de Santa Catarina. Je suis arrivé bien sur du sud par la route qui suit le littoral (BR-101). J'ai remarqué que la circulation augmentait petit à petit et qu'il y avait quelques maisons sur le côté de la route, mais jamais assez pour me laisser croire que j'étais sur le point d'entrer dans une ville de 500 000 habitants. J'ai quitté la route et en quelques minutes je me suis retrouvé au centre de la ville. Comme je m'en suis rendu compte plus tard, la ville a une forme oblongue et ses différents quartiers semblent autosuffisants. Il était deux heures de l'après-midi, et j'ai décidé de me rendre directement à ce qui m'intéressait le plus avant de chercher un endroit où passer la nuit ou même déjeuner : le musée de la biciclette. Il est installé dans la vieille gare à l'extrémité sud de la ville. C'est le seul musée de la bicyclette en Amérique du sud et il existe grâce aux efforts incessants de Valter Busto au cours de ces 25 dernières années. Il a accumulé une collection personnelle de plus de 10 000 objets liés au cyclisme, presque sans argent et surtout grâce à son flair extraordinaire pour les échanges. Valter a dans les cinquante ans mais il a l'air beaucoup plus jeune malgré une barbe en bataille. En 2001, la ville de Joinville qui fêtait son cent cinquantième anniversaire, lui a donné un espace pour exposer les plus belles pièces de sa collection.

Quelques minutes à peine après m'avoir vu arriver sur mon vélo surchargé, un Valter très excité avait déjà appelé son collègue et ami journaliste, passionné de bicyclette, en visite de Sao Paolo. Ils se sont mis tous deux à inspecter très soigneusement ma bicyclette et à me demander un million de questions. Ils m'ont donné à peine le temps de visiter rapidement le musée, puis ils m'ont demandé de laisser mon vélo au musée comme «exposition provisoire» pendant que nous irions au café Internet et que je leur montrerais les photos de ma bicyclette dans sa configuration de tandem. Valter a tout fait pour que je lui promette qu'à la fin de mon voyage je lui enverrais le vélo pour qu'il l'expose dans son musée. Ça a été vraiment agréable de rencontrer deux personnes qui comprenaient exactement tous les aspects de ce qui est nécessaire à l'entreprise d'une telle expédition.

Nous sommes devenus rapidement de bons amis, et j'ai passé la fin de semaine à me reposer en leur compagnie. Un des meilleurs moments a été une visite au superbe musée maritime national du Brésil à Sao Fransisco do Sul (le second plus vieux port du Brésil après Bahia). L'autre bon moment a été notre déjeuner chez Walkiria, la soeur de Valter à Barra Velha.

Posted by gwendal at 01:51 PM | Comments (0)