mai 26, 2004

Buenos Aires- la fin d'une étape

Buenos Aires est une ville de sept millions et demi d'habitants, la région métropolitaine est de 11 millions. Ceci veut dire que la majorité des habitants vivent tous dans la ville même. Mais quand on se promène dans la grande Avenue du 9 juillet, on n'a pas l'impression que ça grouille comme on pourrait s'y attendre d'une aussi grande ville. Cette avenue est en fait la plus grande avenue du monde avec vingt voies, et avec des panneaux publicitaires pleins de lumières au-dessus de tous les immeuble: c'est vraiment impressionnant.
Dans le reste de la ville la plupart des rues sont étroites. Le résultat c'est qu'à l'heure de pointe tout le monde essaye de se croiser sur des petits trottoirs. Et la circulation n'avance pas. J'ai remarqué qu'il n'y a presque pas de feux de signalisation dans la ville. Pourtant Buenos Aires est bien organisée avec toutes ses rues plus ou moins à angle droit, et chaque rue ou avenue est à sens unique. Il n'y a qu'une règle à respecter... la priorité à droite. Mais c'est bizarre de traverser des grands carrefours où il n'y a même pas un panneau qui indique "Pare" (Arrêt).
A Vancouver, on se retrouve toujours à un carrefour avec quatre "Stop" et tout le monde s'arrête avant de continuer. Ici à Buenos Aires, on fonce toujours même s' il y a des piétons.

A Buenos Aires on a eu la chance d'avoir un point de chute chez un ami, Daniel, qu'on avait rencontré dans le camping d'El Calafate. C'est un ortodontologue qui possède un appartement dont une pièce lui sert de cabinet. Il avait une autre pièce vide, il nous a donc invités à rester chez lui car il avait de la place pour nous, nos vélos et toutes nos affaires. On est bien comme des escargots qui portent tout leur équipement sur leur dos, mais on prend pas mal de place une fois tout déballé. Daniel a été super sympathique et avec ce bon point de chute j'ai pu me laisser avaler par la ville et son rythme.
Mercredi soir (19 mai) on est allé à la Confeteria Ideal qui est un des plus vieux salons de Tango de Buenos Aires. On y est allé à dix heures du soir pour voir un orchestre de tango et un petit spectacle de danse.
Voici ma description de la soirée dans mon carnet de bord:
"Quand on entre dans la Confeteria on voit une grande salle de 30 x 60 mètres avec beaucoup de tables et un plafond d'au moins 5 mètres de haut. C'est le rez-de-chaussée où, pendant la journée, on peut manger. Mais il y a aussi un grand escalier de pierres bien polies qui conduit au premier étage. Là, on trouve une autre grande salle dont un espace au centre est réservé pour la danse. Il y a de grandes colonnes peintes comme du faux marbre. Au centre de la salle, au plafond, il y a une grande coupole ovale avec du super beau travail de fer et de vitraux. Malheureusement, il y a très longtemps qu'il n'y a pas eu de rénovations. Ce qui ajoute au charme car on sent que la salle a beaucoup vécu. Chaque morceau de peinture qui se détache du mur donne du caractère à la pièce.
Tout les gens, sauf trois cyclotouristes, sont extrêmement bien habillés pour danser. Les femmes et les hommes on des chaussures spéciales avec des talons hauts pour la danse. Les gens dansent pendant toute la soirée, mais ce n'est pas avant minuit et demi que l'orchestre a commencé à jouer. Les musiciens sont tous presque aussi vieux que la salle. Il y a une contrebasse, un pianiste, deux joueurs de bandonéon et deux violonistes. A regarder l'orchestre et voir tout le monde danser, j'ai vraiment envie de prendre des cours. "

Au cours du week end, on est allé voir une autre passion des Argentins, le football. Samedi soir, on est repassé en bus à La Plata pour voir les "Estudiantes de La Plata" jouer contre les "Taller de Cordoba". Les Estudiantes ont gagné 2 à 1 et la foule s'est éclatée.

Un jour je me promenais sans vraiment avoir de but précis avec Damien, quand vers deux heures de l'après midi, on s'est retrouvé à côté de mille "Piceteros" qui remontaient l'Avenida de Mayo pour se joindre à d'autres groupes sur la grande plaza en face du Congrès National. Il s'agissait d'instituteurs, de bureaucrates, et de travailleurs appartenant à plusieurs syndicats venus demander une hausse de salaire de 250 pesos par mois (125 dollars canadiens).
Dans les hôpitaux publics, un médecin gagne aussi peu que 100 pesos par jour. C'était une manifestation fascinante, car le Congrès National est en plein centre de la ville avec de beaux immeubles qui encadrent la plaza en face. J'ai vraiment eu l'impression que les manifestations comme celle-ci font partie du dialogue politique quotidien en Argentine.

Posted by gwendal at 08:25 AM | Comments (0)

mai 09, 2004

La traversée vers L'Atlantique

Nous nous sommes préparés à quitter Neuquen pour aborder la province de Buenos Aires. Plusieurs personnes nous avaient dit qu'il fallait faire attention, que plus on s'approchait de Buenos Aires, plus nous risquions d'avoir des problèmes de sécurité . Depuis je ne cesse d'être surpris par l'hospitalité et l'accueil chaleureux des gens que nous rencontrons.
Par exemple: au village de General Godoy le policier nous a invités à camper dans le jardin du commissariat. Le lendemain il nous a invités à déjeuner 50km plus loin avec sa famille au village du Colonel Belisle. Ils nous a fait un super potage avec beaucoup de haricots et de pois chiches et de la viande bouillie. C'était plein de calories!
Plus tard, dès que nous sommes arrivés dans le petit village de Copetonas, une dizaine de jeunes sont venus nous trouver. Ils nous ont invités à laisser nos vélos dans le jardin d'un de leurs parents pour qu'on puisse les rejoindre pour un match de football. Dans la soirée, on a été invités à dîner avec une famille qui cuisine pour une dizaine de jeunes fermiers dans le village. Encore une fois, on nous a fait un super potage avec du foie et des rognons et pleins de haricots. Ce qui est assez intéressant, c'est qu'ils boivent un vin pas cher qui s'achète en carafe de 4l et ils le boivent avec des glaçons.
Ils nous ont donné des renseignements pour passer par la plage du petit village balnéaire de Reta. Souvent les voitures passent sur le sable et peuvent éviter une trentaine de kilomètres. On a donc fait 30 km pour rejoindre la plage. Une fois arrivés, on a vite compris que nos vélos étaient trop lourds et nos pneus trop étroits.
Nous avons donc fait demi-tour et ça nous a ajouté 45km de route de campagne entre les champs. Le paysage ne consiste qu'en zones agricoles très plates ces jours-ci mais le vent ne nous est pas toujours favorable.
A notre arrivée dans le noir au village de San Francisco de Bellocq nous avons demandé au commissariat où nous pourrions camper. Quinze minutes plus tard le maire du village nous a invités à camper sur sa pelouse.
Quand on est arrivés à Miramar, une ville touristique qui existe surtout pour la plage pendant deux mois de l'année, Ryan a eu un pneu crevé, à peine deux minutes plus tard Ruben et Jorge se sont arrêtés pour savoir si tout allait bien. On leur a dit que oui mais qu'on cherchait à trouver une auberge. Ils nous ont appris qu'en hiver la plupart des hôtels sont fermés. Mais après 45 minutes de recherche, Jorge nous a trouvé une chambre dans l'église évangélique de sa soeur.
Nous voici maintenant à Mar del Plata où trois jeunes Argentins qu'on avait rencontrés à vélo près de Villa la Angostura nous ont invités pour un super Asado (barbecue argentin) où la viande est servie jusqu'à ce qu'on n'en veuille plus (Tenedor libre).
Maintenant, il ne nous reste que 400km à faire avant d'arriver à Buenos Aires. Je vais certainement prendre toutes les précautions. Mais je suis aussi très content d'avoir rencontré autant de super personnes sur le chemin.

Autre nouvelle: on a pu s'arrêter chez un fabricant de planches de surf (Taller de tablas de surf) qui nous a loué des petites cabines près de la plage et des planches. Ça nous a fait beaucoup de bien d'être dans l'océan et d'utiliser des muscles différents! Depuis, j'ai pas mal de courbatures dans le dos et les bras!

Posted by gwendal at 02:41 PM | Comments (0)