avril 20, 2004

Les sept lacs

La dernière fois que j'ai écrit j'étais plein d'impatience car ma copine Tania allait bientôt arriver avec une nouvelle roue.

Comme prévu on a tous les trois rencontré Tania à l´aéroport de San Carlos à Bariloche le 9 avril. Mais on s'était tous rasés et on avait chacun une moustache différente.

--

Après trois jours de préparation, les vélos étaient prêts. On est partis dans la pluie l'après-midi du 12 avril. On a roulé 20 km avant de trouver un super pont sous lequel on a pu poser les tentes à l'abri de la pluie.
Le lendemain matin il faisait grand soleil mais on savait que ça ne pouvait pas durer car il y avait un arc en ciel du côté du lac Nahuel Huapi. Après 10km de vélo, on s'est retrouvés à un carrefour. Si on continuait vers l'est le soleil nous souriait. Mais notre but pour la nuit était Villa la Angostura située au nord ouest en plein sous un nuage noir. A peine avait-on repris la route que la pluie a recommencé à tomber et n'a pas cessé pendant le reste de la journée.

Après une nuit bien au sec dans une belle petite auberge, on a quitté Villa la Angostura et la route goudronnée. Pendant 60km, on a filé le long de 5 des 7 lacs de la région avec des paysages qui n'arrêtaient pas de devenir de plus en plus beaux.
La route était dure car on ne faisait que grimper. Le quatrième jour, on a campé à 1160m de haut. Le niveau de la neige ne se trouvait qu'à 200m plus haut.

Le cinquième jour, il ne nous restait que 20km à parcourir avant de retrouver le village de San Martin de los Andes dont 15km étaient de la descente. D'autres cyclistes qu'on avait rencontrés nous avaient prévenus. Donc avant de partir j'ai bien verifié les freins et on s'est mis en route.
Après 14km de descente, le pneu arrière a fini par éclater. On filait à 40km à l'heure et j'ai fait de mon mieux pour redresser le vélo et m'arrêter. Mais après ça, je ne me souviens de rien. Je suis resté inconscient pendant 20 minutes mais n'en ai aucun souvenir. D'après ce que Tania m'a dit, après 5 secondes d'efforts, j'ai culbuté au-dessus du guidon et puis j'ai fait quelques culbutes de plus sur la route.
Mon casque était bien sur ma tête mais il en manquait un gros morceau. Je m'étais tapé la tête sur la route. Heureusement, je m'en suis sorti avec une simple petite commotion et un bleu sur la main droite. Tania s'est un peu égratigné le coude gauche et c'est tout.
Donc pendant une demi heure j'étais complètement inutile. Heureusement Tania, Damien et Ryan étaient là pour ramasser le vélo et prendre soin de moi. Après 20 minutes de plus on a réussi à trouver un camion qui a pu nous prendre et nous transporter pendant les 4 kilomètres qui restaient jusqu'à San Martin de los Andes.
Pendant le reste de la journée, j'étais un peu sonné, mais le lendemain je me sentais assez bien. On a donc décidé de passer les deux jours qui restaient avec Tania à San Martin et de louer une voiture pour aller voir les bains thermiques de Epulafquen. Puisque c'est l'automne et qu'il pleuvait, il n'y avait personne. On a trouvé une cabine à côté d'une grosse bassine d'eau chaude. Dans la cabine il y avait cinq chambres, chacune avec une baignoire et un banc. Après quelques tentatives on a trouvé qu'il n'y avait que deux baignoires en état de fonctionnement. Donc Tania et moi en avons partagé une et Damien et Ryan l'autre.

--

Ryan et Damien ont un peu par hasard et un peu exprès inondé leur pièce. Et pendant 20 minutes ils ont eu un énorme fou rire...

Il a fallu rouler sur 90km de route très étroite pour revenir à San Martin, et au retour Damien et Ryan ont dû sortir pour pousser la voiture qui s'était coincée dans la boue.Heureusement, l'agence savait qu'on allait aux bains thermiques, et ne nous a fait aucun reproche quand on a rendu la voiture toute pleine de boue.

Maintenant Tania a repris l'avion pour Vancouver et je me retrouve à Bariloche pour réparer le velo. Je suis un peu triste et mélancolique de me retrouver tout seul sans Tania. Damien et Ryan vont me retrouver à Nequen dans quelques jours. J'ai hâte de les revoir pour qu'ils me distraient un peu.

Ensuite on prendra la route à travers les plaines des pampas pour la dernière fois. On va retrouver l'océan Atlantique pour la première fois. Et j'espère bien que la chaleur va aussi bientôt suivre.

Posted by gwendal at 12:53 PM | Comments (0)

avril 02, 2004

Il pleut il mouille c'est la fête à la grenouille!

Une des images qui se figent dans ma mémoire quand je pense aux pays lointains, c'est quand il y a un reportage sur la mousson en Inde ou au Bangladesh. L'image classique est celle d'un tuctuc ou d'une voiture à moitié inondés dans la rue.
Aujourd'hui j'ai pu vivre un petit peu le déluge à Puerto Montt.

Après 400km de route à partir de Coyhaique qui se trouve au millieu de la Careterra Austral on s'est arrêtés à Vanguardia. C'était à 100km de Chaíten, la ville située le plus au nord de la Careterra Austral, qui était notre but. On a dû s'arrêter parce que mon vélo avait un peu trop souffert sur la route. Au total, on a détruit deux pneus arrières. On a aussi cassé le plus petit plateau avant qui nous permettait de remonter les collines.
Quant à Ryan, sur son vélo il a perdu les patins de son frein à disque arrière. Donc, au lieu de prendre des risques pour les 100 derniers km, on a décidé de passer la nuit au sec,

dans le tout petit village de Vanguardia. Le lendemain on a pu prendre le bus, sans trop de problèmes pour caser le tandem dans la soute à bagages.

Nous voilà donc au bord du Pacifique à Chaíten et on apprend vite que c'est une excellente région pour de bons fruits de mer. Depuis 4 jours je ne mange que du poisson, des moules, des paellas et des cebiche... le délice! Je vais avoir du mal à retrouver la viande et les frites qu'on trouve dans la campagne argentine.

A cause des vélos en mauvais état, on a décidé de ne pas passer par l'île de Chiloe et de prendre une embarcation qui va directement de Chaíten à Puerto Montt. C'est un petit ferry commercial de nuit, dont on a partagé l'espace avec trois camions remplis de vaches. Par moments, la nuit, les bruit émis par les vaches me faisaient croire qu'on avait King Kong à bord dans une cage!

Nous voilà donc à Puerto Montt, et il y pleut encore plus que quand on pédalait sur la Careterra Austral. Aujourd'hui à cause de la marée haute et de la grosse pluie qui n'en finit jamais, les rues sont bien inondées. C'est probablement une des seules fois où le temps ici est assez identique à celui de Vancouver.

Posted by gwendal at 01:06 PM | Comments (0)