février 05, 2005

Nicaragua: Une année sur une selle de cuir!!!

Savez-vous que j'ai une photo de la route à midi pour presque chaque jour de vélo!

Nous voilà au Nicaragua, déjà, après avoir traversé le Panama, qui joue un rôle de bouchon entre les Amériques, ainsi que Costa Rica. Un an d'expédition à vélo et une selle qui m'est devenue un peu trop familière.

C'est un moment émouvant que de se retrouver à l'anniversaire du début d'une si grande aventure. On était sur le pont des Amériques au-dessus du Canal de Panama. Pour se retrouver en Amérique Centrale on a dû prendre un bateau à voile de Cartagène des Indes en Colombie jusqu'à Portobelo au Panama.
La traversée fut très belle avec un passage de 36 heures en haute mer sans pilote automatique. Armel et moi avons dû faire notre quart à la barre pendant la nuit. La boussole était mal éclairée et le Capitaine aimait allumer une lumière dans la cabine pour pouvoir la voir... mais au bout du compte, avec un ciel sans lune on ne pouvait pas voir l'horizon. Tous, sauf un Néozélandais, ont eu le mal de mer à bord... La récompense, par contre, ce fut 3 jours dans l'archipel de San Blas et ses 365 iles qui sont le territoire traditionnel des Indiens Kunas (la race la plus petite au monde après les Pygmées).

Les choix de routes sont plus simples maintenant, car l'Amérique centrale n'est pas très grande. On a vite appris, une fois arrivés à Panama, que les côtes atlantiques du Panama et de Costa Rica étaient complètement inondées et donc on a plutôt suivi le versant pacifique par les montagnes.

Ils nous reste autant de pays à visiter en Amérique du nord que j'en ai visité en Amérique du sud. Mais ici, en Amérique centrale, ils sont tous tout petits et au rythme auquel on avance à vélo, ils passent tellement vite qu'on a à peine le temps de les découvrir. On est déjà à Managua, la capitale du Nicaragua après avoir traversé le Panama et Costa Rica.


Ce qui m'a marqué au Panama, c'est le contraste entre les villes de Panama et de Colón et le reste du pays. À ces deux antipodes du canal il existe de nombreux aménagements publics complètement délabrés. Par contre la campagne est vraiment saine et propre. Mais voici une nouveauté à l'horizon... de grandes affiches qui font de la publicité pour des complexes de retraite, pas pour les Panaméens, mais pour les Yankees. On a l'impression que dans cinq ans il y aura un groupe tout nouveau, au Panama. Les vieux Américains expatriés pour leur retraite: un bon climat pour les vieux os et un bon climat pour les impôts.
Ils vont certainement apporter beaucoup d'argent avec eux. Mais le système de santé du Panama pourra-t-il tenir le coup avec toute cette population âgée et ses maladies? Bon. Fin du petit détour dans mes pensées.

À Costa Rica on a trouvé les pires ponts du voyage. Je comprends très bien pourquoi les chauffeurs de camions font trois fois le signe de croix avant de passer. C'est intéressant, car Costa Rica est certainement le pays le plus riche et le plus stable de l'Amérique Centrale, mais les ponts sont tous en très mauvais état. Sur la côte du Pacifique qu'on a suivie, on a remarqué que le tourisme est vraiment bien établi ici. Il me semble assez évident qu'il ne reste plus beaucoup de terrains abordables pour les Costaricains, car les étrangers achètent tout. On a eu une "bonne" surprise quand on a décidé de camper à la belle étoile dans un petit camping public sur la plage de Matapalo. Au milieu de la nuit, Armel a commencé à sentir quelques gouttes d'eau. Le temps que ça lui a pris pour sortir de son sommeil et pour m'appeler, les petites gouttes s'étaient transformées en averse. On s'est retrouvés tout nus, en train de courir dans tous les sens pour essayer d'installer une bâche...

On est maintenant à Managua au Nicaragua après avoir passé trois jours sur l'île d'Omotepe qui est sur le lac de Nicaragua. Ce lac est le seul au monde à avoir des requins d'eau douce.
On a passé nos jours de repos à faire le tour de l'île à vélo... Sur le chemin "bien" accidenté, on a renversé la remorque deux fois et Tania a fait quelques petites chutes.

Mais rien de très grave.

Maintenant, Managua, dimanche... on se retrouve dans une capitale qui ressemble plutôt à une ville fantôme. Les rues sont vides et le centre de la ville où se trouvent tous les bâtiments publics est vraiment bizarre. La cathédrale, condamnée depuis le tremblement de terre de 1972, est un monument national. Mais quand on regarde autour de nous on ne voit que d'autres monuments délabrés et des terrains vagues utilisés le dimanche pour le base-ball. Désormais, la nouvelle Cathédrale se trouve plus à l'est et j'ai l'impression que la ville se déplace tranquillement comme un escargot ainsi que son centre.


Posted by gwendal at février 5, 2005 07:54 PM
Comments