septembre 08, 2004

Bolivie: une chose difficile à trouver

Obtenir une bonne carte du pays est vraiment un défi en Bolivie.
Pendant que j'étais à Santa Cruz en train d'explorer le centre de la ville et toutes les petites rues du marché, j'ai eu l`idée d'essayer de trouver une bonne carte de la ville et une carte routière du pays qui donne toutes les distances entre les villes et villages. La carte ITM (International Travel Maps de Vancouver) que j`avais achetée avant de partir n'indique pas les distances et j'ai trouvé plus tard sur la route que quelques villages assez importants ne figurent pas sur la carte. Un arrêt à l'hôtel de ville de Cruz de Santa n'a pas porté de fruits. Tout ce qu'on pouvait trouver dans les innombrables petites librairies, c'était quelques cartes très grossières et mal imprimées où les couleurs des caractères d'imprimerie étaient légèrement mal-alignées. Par exemple, les rivières avaient parfois des « routes » blanches qui les suivaient partout.

À Cochabamba je me suis retrouvé dans la même impasse partout où je cherchais. Finalement (Eureka) j'ai trouvé l'Instituto Geographico Militar (IGM). C'était un petit bureau situé dans une rue résidentielle avec une toute petite enseigne pour montrer que c'était un bureau du gouvernement.

Là, dans le petit vestibule du bureau, pendait une gigantesque carte de géographie physique de la Bolivie. La carte dominait la pièce entière. J'étais hypnotisé, et il a fallu plusieurs "disculpe señor, commo puede te ayudar " pour me sortir de mon rêve. Le bureau de Cochabamba n'avait que des cartes
1:50 000 de l'état de Cochabamba et aucune carte de l'état de Potosi que je recherchais. En tout cas une carte à 1:50 000 couvre seulement environ une largeur de 50 km de ce qu' on traverserait en une demi journée de vélo. On m'a gentiment conseillé de remonter les 2000m pour aller au bureau de la Paz où je pourrais obtenir des cartes du pays entier. Sur le chemin de l'aéroport de la Paz où j'allais à la rencontre de Tania, je me suis rendu compte que ce je voulais vraiment c'était cette gigantesque carte en couleur de la Bolivie de 2 mètres carrés. Chaque niveau d'élévation était peint avec des rouges et oranges, des altitudes de montagnes qui se transformaient en jaunes et verts pour montrer le Chaco et les terres- basses amazoniennes. La taille de la carte n'est pas du tout pratique, mais au lieu d'une couverture indigène tissée, colorée, j'ai voulu une carte bolivienne d'édition limitée, colorée!!!

Je suis arrivé à la Paz un jour avant Tania. Ma mission était claire, trouver la carte! Avec une adresse en main j'ai erré pendant trois heures avant de trouver le complexe militaire qui abrite le IGM de la Paz. (Je peux aimer les cartes mais apparemment je n`arrive pas à déchiffrer à quel bout de l'avenue les numéros commencent). Le complexe était entouré de grands murs blancs et bien gardé par des bonshommes verts avec des casques blancs qui arboraient le sigle MP. Je suis allé au portail principal et l'officier de garde m'a rapidement indiqué une petite porte un demi bloc plus bas pour les visiteurs civils. C'est vendredi soir à trois heures que je me suis présenté au bureau de contrôle civil. Ils m'ont dit que je devrais revenir lundi parce que tout le monde était déjà parti pour les
« exercicios physicos ». J'ai donc dû attendre tout le weekend à cause du match de football d'après-midi de l'armée.

Le lundi, Tania et moi, nous nous sommes présentés une fois de plus au bureau de contrôle civil. Tania avait oublié son passeport et elle a dû attendre dehors. Une fois mon passeport vérifié, j'ai été escorté par les gardes armés au bureau de l'Intituto Geographico Militar de La Paz. "Ma" carte était aussi sur le mur ici et cette fois illuminée par une énorme lucarne en vitrail avec l`écu de l'IGM. L'officier en charge des ventes aux civils m'a montré quelques-unes des cartes 1:200 000 mais tout m'a semblé bien pâle en comparaison avec la carte physique de la Bolivie. Après quelques explications et de la persuasion, il a téléphoné à son ami au bureau du cadastre rural qui a dit qu'il pourrait peut-être m'aider. Ce même après-midi, je suis donc allé parler à Willie Lopez au bureau rural qui se trouvait dans une petite ruelle près du marché de la ville où il n'y a aucun service de sécurité. Ma conversation avec Willie était beaucoup moins formelle qu'au bureau central. J'ai appris qu'il était le président du club de VTT de la Paz. Après un peu d`insistance, il m'a dit qu'il avait peut-être un "ami" qui aurait une copie de la carte que je recherchais maintenant avec tant d' obstination. Il m'a demandé de le rencontrer le lendemain devant la place San Francisco à 8 heures du matin. Je suis arrivé à 7:45 et j'ai commencé à essayer de l'apercevoir parmi toutes les autres personnes qui attendaient de rencontrer quelqu'un sur la place. J'ai eu l'impression que j'allais faire quelque transaction illicite qui m'aurait procuré des secrets d'état très importants. Tout d'un coup, de nullepart, Willie est apparu avec un tube blanc sous le bras. Mon coeur n'a fait qu'un bond, ça y était... combien son « ami » voudrait-il pour la carte ? en fin de compte, il m'a demandé le prix normal pour une carte de 100 Bs. Ce qui équivaut à peu près $15 CAD. Je l'ai remercié abondamment et il a secoué modestement ma main avant de partir travailler.
Nous voici maintenant prêts à prendre la route sans crainte de rouler dans une rivière!

href="http://www.antipodes-expeditions.com/Gallery/view_album.php?

Posted by gwendal at septembre 8, 2004 12:43 PM
Comments